Clients de mineures exploitées sexuellement : le maillon faible de la chaîne pénale

L’article du Monde met en lumière une réalité gênante : en France, si les réseaux de proxénétisme sont traqués, les clients de mineures passent presque toujours entre les gouttes.
Et pourtant, la loi est limpide : avec une victime de moins de 15 ans, tout rapport sexuel constitue un viol, sans débat possible sur le consentement.

Dans les faits, la justice se focalise sur le démantèlement des réseaux. Les clients, eux, sont rarement poursuivis. En 2024, seuls 230 hommes ont été inquiétés, alors que près de 15 000 mineures seraient exploitées. Le décalage est violent.

La stratégie de défense des clients est toujours la même : « je ne savais pas ». Et cette simple affirmation suffit trop souvent à écarter la minorité, même lorsque l’écart d’âge saute aux yeux. Résultat : des agressions sexuelles sur mineures requalifiées en “recours à la prostitution”, voire totalement ignorées.

Pour plusieurs magistrats et avocats, c’est une aberration juridique et morale. On ne peut pas prétendre confondre une adolescente de 13 ans avec une majeure rencontrée en ligne. Mais faute de moyens et de choix politiques clairs, la réponse pénale se limite souvent à “prioriser”. Autrement dit : on laisse filer les clients pour mieux cibler les proxénètes.

Ce fonctionnement crée un angle mort dramatique : tant que la demande reste impunie, l’exploitation prospère.
Si l’on veut réellement protéger les enfants, la répression ne peut pas s’arrêter à la porte des réseaux. Elle doit aller jusqu’à ceux qui paient.

Me BOMSTAIN a ainsi été interviewé dans le cadre de cet article en sa qualité d’avocat d’enfants victimes de réseaux de prostitution, intervenant régulièrement au soutien de ces victimes particulières et de leurs familles.

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