Pompier frappé au visage à Toulouse : «Je suis écœuré !»

Article de la Dépêche du Midi du 20 novembre 2018 de Géraldine Jammet

« Cela fait des années que j’exerce ce métier… Pour moi, c’est la première fois mais ce type d’agression arrive de plus en plus souvent. Je suis écœuré ! » Encore sonné à la barre du tribunal correctionnel, hier, un sapeur-pompier toulousain raconte comment il a été frappé par une victime qu’il venait secourir. Une version particulièrement désagréable de l’arroseur arrosé puisque le secouriste a dû être pris en charge pour des blessures au visage qui lui ont coûté 1 jour d’incapacité totale de travail (ITT).

Un homme d’une quarantaine d’années qui a, comme tous les personnels de la profession, justement fait le choix de s’engager pour sauver les autres. « De plus en plus de collègues sont pris à partie. Ce n’est pas normal, il faut le dénoncer. »

Dimanche matin, trois sapeurs-pompiers interviennent port Saint-Sauveur, à Toulouse, pour aider un jeune homme de 19 ans qui semblait vouloir mettre fin à ses jours en sautant dans le Canal du Midi. Ils essayent de le rassurer, discutent. Mais l’individu, alcoolisé, les assomme d’insultes et de menaces de mort.

Pour autant, les secouristes parviennent à le positionner sur une civière dans l’optique d’un transport à l’hôpital. Et alors que l’un d’eux se penche sur la civière pour veiller sur la victime, celle-ci lui décoche un coup de poing en plein visage. Une fois en garde à vue, ce sont les policiers qui ont dû faire face à son excitation. En effet, le jeune homme a notamment dégradé sa cellule en brisant une lampe. Il comptait se taillader les veines.

« Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, j’avais bu… J’ai honte, je m’excuse… », balbutie le prévenu. « Aucun ami, pas de famille à part sa mère : ce jeune est absolument seul et il voulait faire la fête. Il est en dépression et essaie de comprendre la colère qu’il a en lui », relève l’avocate de la défense, Me Elsa Sanchez, en allusion au suicide du père de son client alors qu’il était bébé.

Prison ferme avec maintien en détention

« Ces gens se démènent pour sauver des vies et en exerçant leur métier, ils risquent de se faire agresser ! », regrette l’avocat des sapeurs-pompiers, Me Jonathan Bomstain. Le procureur de la République a requis 18 mois de prison, dont 6 assortis de sursis et mise à l’épreuve, avec un mandat de dépôt.

Le jeune homme, dont le casier comporte deux condamnations, a finalement été condamné à 9 mois de prison, dont 6 avec sursis et mise à l’épreuve. Il est maintenu en détention et devra indemniser ses trois victimes à sa sortie.

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